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Comme un freelance en vacances…

 

 

 

Tout est parti d’une question en apparence anodine : « Et toi, tu as des vacances cet été ? », immédiatement suivie de : « Ah mais oui je suis bête : tu es freelance ! » C’était une soirée organisée par un ami de pote de connaissance, bref une embuscade, et donc une de ces conversations sociales où à défaut de connaître les gens ou d’avoir quelque chose à se dire, on s’interroge. On n’en était pas encore à la météo mais avait déjà passé la sacro sainte question : « Et toi, tu fais quoi dans la vie ? » Je suis donc freelance, et apparemment toujours en vacances…

Le freelance et ceux qui en font le choix – parce que rappelons à toutes fins utiles qu’il n’y a là rien d’imposé, rien de subi – a cette image qui lui colle à la peau de marginal un peu branleur. Dans l’imaginaire collectif, c’est forcément quelqu’un d’allergique aux règles et à la discipline, un peu ingérable sur les bords, qui à défaut d’avoir pu intégrer le système, rentrer dans le cadre, se fondre dans le moule, se noyer dans la masse, fait ce qu’il peut, quand il veut, si et seulement s’il en a envie. Pas de patron, pas de contraintes, pas d’impératif, pas de rythme autre que de se laisser porter par la vie : ce n’est pas de calculer comment caler ses cinq semaines de congés payés entre le dossier Machin et le projet Bidule qui va lui coller une ampoule au cerveau ! Les vacances, pour un freelance, c’est tous les jours ! Mais oui mais oui, et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu…

Cette inconnue avec sa réflexion saugrenue, après m’avoir piquée au vif, m’a quand même fait réfléchir. « Freelance » rime certes avec « vacances », ça ferait même un bon gimmick. Mais les deux ne sont pas synonymes pour autant. Pas antinomiques non plus. C’est bien plus subtil que ça.

Pour les entreprises, le freelance est le plus souvent un galop d’essai ou une variable d’ajustement. Sans place attitrée au sein des équipes, in and out, on lui demande d’être compétent, hyper réactif, flexible, toujours joignable et disponible pour des missions de dernière minute de quatre jours, week-end et 14 juillet compris. Et le freelance dit oui. Parce qu’il le peut, est intéressé par cette mission et se fout du défilé. Il dit oui, parce qu’il est disponible malgré lui depuis le 14 juin. (Entre initiés, on appelle ça les « vacances imposées », mais bizarrement ça semble pas beaucoup émouvoir…) Il dit oui, parce qu’il ne part que le 16 et que ce sera toujours un plus pour le budget vacances. Ou bien il dit oui, même s’il est déjà en vacances, parce que ça ne le dérange pas de travailler un peu entre la plage et les panisses. Et parfois il dit non, parce que c’est non, vraiment. Il y a donc vacances et vacances, une valise des typologies de vacances même dans laquelle le freelance pioche allègrement selon son profil, le moment, ses besoins et ses envies.

 

  • Profil de vacancier n°1 : Le freelance qui ne prend effectivement jamais de vacances. Il dit toujours oui, donc est toujours débordé, donc a besoin de vacances, mais ne sachant pas s’il aura de nouvelles missions demain ou le mois prochain, il prend tout, carbure, et se reposera quand il sera à la retraite. Sauf que la retraite… Mais ceci est un autre sujet, on en parlera une autre fois.

 

  • Profil de vacancier n°2 : Le freelance qui part en vacances mais ne fait en fait que délocaliser son bureau. Il traîne son ordinateur partout derrière lui et ne se sépare jamais de son téléphone, dont le volume est poussé au maximum et tous les canaux potentiels de messagerie synchronisés, vibrant et sonnant à qui mieux mieux pour être sûr de ne manquer aucune opportunité. Tout le monde passe par là au-début. Ce n’est heureusement bien souvent que le début, le temps d’asseoir son statut et de prendre confiance en soi.

 

  • Profil de vacancier n°3 : Le freelance qui s’accorde une journée semi-off. Le temps d’une expo, d’un déjeuner ou d’une journée pour les enfants, il se réserve le droit de ne pas être là ou moins là, mais reste malgré tout disponible et susceptible d’apporter les dernières modifications pendant la sieste du petit dernier.

 

  • Profil de vacancier n°4 : Le freelance qui fait moitié-moitié ou pour lequel les vacances constituent la récompense après avoir bien travaillé. Globe-trotter et/ou hédoniste avant tout, le freelance lui permet de conserver la liberté de partir loin et longtemps quand il le souhaite, pourvu d’avoir fait ce qu’il fallait pour se le permettre et gagner de quoi financer son oisiveté ou son attrait pour le grand large.

 

  • Profil de vacancier n°5 : Le freelance qui alterne vraies et fausses vacances. Si la consultation de l’agenda d’un freelance s’apparente bien souvent à lire dans une boule de cristal, il reste malgré tout possible de prévoir des périodes où, une fois n’est pas coutume, les missions devraient bien s’enchaîner ou au moins s’équilibrer, laissant le temps de respirer un peu le temps d’un week-end ou d’une semaine de workation (contraction de work et vacation, travail et vacances pour ceux qui auraient besoin des sous-titres). Ce sont ce qu’on appelle les « fausses vacances », ou le retour à un temps pour tout : travail puis plaisir – ou l’inverse. Les vraies vacances, elles, sont celles qui s’anticipent, se préparent et dont le coup d’envoi est donné par le paramétrage d’un message automatique d’absence sur sa boîte mail et sur son répondeur. « Bonjour. Actuellement en congés jusqu’au 31 septembre INCLUS, je prendrai connaissance de votre appel à mon retour. Pour toute urgence… » Pour toute urgence, en réalité, il y a quand même moyen que je vous réponde et vous sauve la mise parce que je continue à checker mes mails trois fois par jour et reste professionnelle. Quand on est seul maître à bord, sans collègue à qui confier ses dossiers le temps de son absence, on se doit de toujours garder un œil sur sa petite entreprise pour lui éviter la crise. Mais si l’on sait distinguer les vraies des fausses urgences, alors il peut vraiment y avoir de vraies vacances.

 

À l’heure où la question du droit à la déconnexion agite les discussions autour de la machine à café, les freelances aussi revendiquent le droit de relâcher la pression, de se déconnecter parfois, plus ou moins, plus ou moins longtemps, mais jamais vraiment. Parce qu’être connecté pour eux, c’est rester disponible et réactif, ce que l’on sait n’être ni plus ni moins que le nerf de la guerre. Alors à défaut de pouvoir se déconnecter totalement, ils n’hésitent pas à saisir le flux et le reflux de leur activité professionnelle pour se mettre en veille quand ils en ont besoin, ou concilier travail et loisirs chaque fois que c’est possible. Pour ne pas s’épuiser, mais aussi ne pas se dégoûter d’un métier et d’une manière de le vivre qu’ils ont choisie justement parce qu’elle leur permettait de concilier vie personnelle et professionnelle en continuant à jouir d’une certaine liberté. Dans freelance, il y a free…

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